Pas de lingettes dans les toilettes !

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Article extrait de la Dépêche du Midi du 18/05/2020

Véritable fléau des stations de traitement des eaux usées, à Albi aussi, les lingettes viennent obstruer les réseaux. En cette période de crise sanitaire où respecter les règles d’hygiène est primordial, il est aussi nécessaire de rappeler que celles-ci ne doivent absolument pas être jetées aux toilettes.

Inaugurée il y a presque 10 ans, la station de traitement des eaux usées d’Albi-Madeleine se trouve au bout du chemin de Pratgraussals. Là un haut bâtiment vert se fond dans le décor boisé et de grands bassins externes remplis d’eau révèlent rapidement l’utilité du site. Seul le dôme blanc interpelle, pour qui ne saurait pas que la station d’épuration abrite aussi un méthaniseur. Contrairement aux idées reçues, pas d’odeur désagréable n’est détectable aux abords du site. « C’est la station principale du Grand albigeois, précise Pierre Doat, élu en charge de l’assainissement à l’agglomération ». Elle assure la dépollution des eaux usées d’Albi et des communes alentour (Arthès, Cambon d’Albi, Cunac, Le Séquestre, Lescure-d’Albigeois, Puygouzon et Saint-Juéry). Ici comme ailleurs, la structure est confrontée à un ennemi tenace : les lingettes. « C’est un souci que nous connaissons depuis presque 10 ans », regrette Valérie Vithe, directrice du service hydrolique-assainissement. Avec l’apparition de la crise sanitaire, l’utilisation de lingettes nettoyantes ou désinfectantes a été vivement stimulée. De quoi inquiéter les gestionnaires. S’il est impossible de quantifier précisément le nombre d’interventions liées à des débouchages provoqués par des lingettes durant le confinement, d’une manière générale cela correspond à « 15 % de déplacements en plus pour les agents de l’agglomération », estime la directrice.

 

Les lingettes n’ont pas le temps de se dissoudre dans le réseau

« En station, les lingettes qui arrivent jusque-là ne posent pas de gros problèmes. Elles sont stoppées par les dégrilleurs et évacuées dans une benne. Là ou c’est le plus préjudiciable, c’est dans le réseau, là où les canalisations sont plus petites, où il n’y a pas beaucoup de pente. Avec la graisse, ça peut vite faire des amas et boucher les canalisations. Cela provoque des remontées d’eau chez les gens, des odeurs, et parfois ça peut même endommager les équipements », détaille-t-elle.

 

« Les gens les jettent dans les toilettes car c’est marqué sur l’emballage, poursuit-elle, mais le côté biodégradable de ce produit est très relatif. Sur notre réseau, la lingette n’a pas le temps de se dissoudre. C’est vrai pour les lingettes, mais c’est vrai aussi pour tout un tas de choses. Les rouleaux de papiers toilettes, les cotons-tiges, les protections hygiéniques. D’une manière générale, ce qu’il faut retenir c’est on ne jette rien dans les toilettes à part du papier W.-C. »

Démonstration à l’appui, Yann Dehlinger, le responsable de l’unité de traitement, ouvre le système pour atteindre les dégrilleurs. Là, des dizaines de lingettes sont prisonnières de cette espèce de filtre géant. Du plastique, des gants et même un crapaud sont facilement identifiables.

« Tous les déchets sont ensuite rejetés dans cette benne, désigne-t-il en contrebas. Tous les deux mois, on sort l’équivalent de 4 ou 5 bennes de déchets. Ceux-ci sont ensuite envoyés avec les autres déchets ménagers. Donc il faut vraiment que les gens aient conscience de cela et qu’ils les jettent directement dans leurs poubelles », résume-t-il.